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Premier Pas dans la carrière19 novembre 2018  

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Premiers Pas dans la carrière...

Le Premier Pas Dunlop fut la première épreuve française d'envergure réservée aux jeunes coureurs français. Ancêtre puis support du championnat de France junior, il vit participer quasiment tous les futurs pros ayant composé le peloton français. Comme souvent dans les épreuves de jeunes, on ne retrouve que rarement les lauréats dans les premières places des palmarès pros, cependant deux vainqueurs du Premier Pas ont laissé transparaître lors de leurs victoires des qualités qui seront par la suite leur "marque de fabrique".

Par Antoine Riche

Une vieille histoire un peu longue à se mettre en marche

A l'origine de cette épreuve, on retrouve une course imaginée par Paul Ruinart et Jean Pétavy et organisée par le Vélo-Club de Levallois, considéré alors comme l'un des meilleurs clubs amateur de l'Hexagone. Les premières éditions dataient d'avant 1914. La course, destinée aux débutants de la région parisienne, reprend dès la fin de la première guerre mondiale. En 1923, l'organisation Premier Pas est confiée à Dunlop et devient une course nationale. Elle se compose de plusieurs séries parisiennes et d'une série par département. Les meilleurs représentants se retrouvent ensuite sur le circuit de la Minière pour la finale nationale. La course est ouverte à tous les débutants et ce n'est qu'en 1928 que la limite d'age sera portée à 18 ans. De 1929 à 1938, la finale est organisée sur le circuit de Montlhéry et en 1930 l'épreuve est reconnue par l'UVF (Union Vélocipédique Française, ancêtre de la FFC). Cette même année, la course est désignée par Miroir des Sports comme "un championnat de France des Débutants" (titre que le Premier Pas prendra seulement en 1952).

L'épreuve devient très rapidement un succès populaire : en 1926, on recense plus de 10 000 participants. Mais les premiers vainqueurs ne feront pas de carrières professionnelles, même si des futurs professionnels notables participent à la finale après avoir briller dans leurs éliminatoires départementales. On trouve ainsi Pierre Magne (frère d'Antonin et vainqueur d'une étape du Tour 1928), 12e en 1923. De nombreux futurs membres de l'équipe de France des années trente se distinguent lors du Premier Pas : Marcaillou ou Le Grevès en 1928 ou encore René Vietto en 1931. De futurs "As" de la piste brillent également sur cette route comme "Toto" Gérardin, en 1928 également.

Cependant ce n'est qu'en 1938 que le vainqueur fera parler de lui par la suite avec Roger Chupin. Il remportera par la suite le Grand Prix du "Courrier Picard" ou Paris-Limoges en 1947, participera quatre fois au Tour et obtiendra de belles places dans les classiques (4e de Paris-Tours 1951).

Le premier coup de fusil de Geminiani

L'année 1943 offre l'une des éditions les plus intéressantes pour de nombreuses raisons. Après deux ans de séparation entre les finales de la Zone Nord et la Zone Sud pour cause d'occupation allemande, une seule finale a lieu. Pour y arriver les coureurs devront passer une série de plus, une éliminatoire régionale ayant été ajoutée. Mais c'est surtout le nom du vainqueur et de certains de ses suivants qui retiendront l'attention. Sur le difficile circuit de Montluçon, c'est le régional Raphaël Géminiani qui l'emporte. Sa victoire ne souffre d'aucune contestation : à 15 kilomètres du but il s'échappe et personne ne le reverra.
Jacques Augendre participe également à cette finale et le récit qu'il donne montre la portée de l'événement : "Je le revois exactement dans cette course. (...) Il attaquait dans toutes les bosses. Et comme le parcours avait été tracé au sud de Montluçon, sur la crête du Massif Central, il a pu tout le temps attaquer ! (...) La veille de la course, je vais retirer mon dossard lorsque j'aperçois un vélo drôlement équipé : il avait un dérailleur non pas à simple enroulement, mais à double enroulement, c'est-à-dire le dérailleur qu'utilisaient généralement les cyclotouristes. "Bon ! au moins, je ne serai pas le dernier...", me suis-je dit. Or, vous allez rire! ce dérailleur, et le vélo qui allait avec, c'était celui de l'escogriffe qui attaquait dans chaque bosse ! C'était celui de Geminiani." (1). Augendre termina 32e de l'épreuve.
Les souvenirs de ces jeunes hommes sont parfois amusants, ainsi l'un des représentants bretons, lui aussi très impressionné par le (futur) "Grand Fusil" et sa belle médaille, le fut encore plus par les vaches "qui, dans ce pays là, étaient toutes blanches" (2). Le nom de ce garçon, qui obtint une encourageante sixième place, était Louis Bobet. Plus tard il formera avec son vainqueur du jour un formidable duo à la tête de l'équipe de France sur le Tour. Jacques Augendre sera alors dans la caravane pour raconter leurs exploits dans L'Equipe. Si leur amitié n'est pas née lors de cette course, l'évocation de cette histoire commune fera naître plus tard entre eux "un courant de sympathie qui ne s'est jamais démenti" (1). Il convient d'ajouter à ces trois nom celui de Marcel Dussault (25e), équipier de Bobet et Geminiani, vainqueur d'étapes et maillot jaune sur le Tour de France. Comme le dit Jacques Augendre : "Autant dire que dans cette course, il y avait du beau monde !" (1).

Par la suite, de futurs grands champions participent et brillent parfois. En 1961, le podium réunit Pierre Trentin (1er) et Daniel Morelon (3e). Ils se tourneront bientôt vers la piste pour faire les beaux jours du sprint français, entraîné par un de leurs prédécesseurs dans le Premier Pas, "Toto" Gérardin. En 1965, Mariano Martinez (meilleur grimpeur du Tour 1978) l'emporte. Il bat au sprint Bernard Thévenet (4e) qui l'avait pourtant devancé lors de l'éliminatoire bourguignonne. C'est 39 ans après Geminiani qu'un autre coureur remporte le Premier Pas Dunlop d'une manière qui en dira long sur la suite de sa carrière.

Le Blaireau commence à se distinguer

En mai 1972, dans sa présentation pour La Voix du Nord, le jeune retraité des pelotons, Jean-Marie Leblanc cite parmi les favoris Vallet, Naddéo, Osmont, Tollet, Merdy et Guiborel. Ce dernier se souvient pour Cyclismag : "C'était impressionnant, parce qu'on avait pas tellement l'occasion de se rencontrer entre juniors à l'époque. Dans nos régions on courait avec les grands, il n'y avait pas vraiment de catégories d'âge donc dès qu'on marchait en junior, on montait vite en première catégorie. C'était les premiers déplacements ou tu avais l'impression de faire partie de la haute sphère du vélo."
Jean-François Guiborel avait aussi repéré un autre coureur, Bernard Hinault. Dès le début des 116 kilomètres proposés, les attaques fusent. Guiborel attaque plusieurs fois et est encore aux premières places du peloton, lorsqu'arrive, au kilomètre 58, une des principales difficultés du parcours. Les jeunes coureurs ont pris le soin de reconnaître une partie du circuit et ils connaissent bien la côte de Pas-en-Artois. A ce moment, Guiborel se souvient "d'un mec qui nous a passé vraiment très vite. C'était Bernard Hinault. Derrière à 50 mètres il y avait Bernard Vallet qui savait que c'était le bon coup qui partait. En 10 ou 20 secondes la course était jouée."
Le futur Blaireau, bien conseillé par son mentor de l'époque, Robert Leroux, avait choisi cette difficulté pour placer son attaque qu'il voulait décisive. D'ailleurs son entraîneur, présent sur le parcours, affirma immédiatement "Voilà c'est fini, vous avez le champion de France !". En effet, Vallet sera repris, mais Hinault tiendra le peloton en respect : "Celui-ci s'est organisé, comme des juniors peuvent s'organiser, c'est-à-dire moyennement bien. On n'avait déjà pas trop l'habitude de courir entre juniors. C'était des sélections régionales d'adversaires en fait et on se retrouvait sur le même maillot pour une course. Par contre, derrière Hinault, on s'est quand même entendu entre tous les comités. On était 7 ou 8 à prendre les relais. Lui n'était pas spécialement protégé par les Bretons. On a roulé et on avait l'impression qu'il n'y avait plus personne devant, parce qu'on avait l'impression de rouler vraiment très vite. Hinault a fait 60 bornes devant nous pour finir avec une trentaine de secondes d'avance." Le podium final a également laissé à Guiborel un forte impression : "Lorsque la Marseillaise a retenti, j'ai vu un mec avec des chaussettes de tennis, des cheveux longs mais avec une gueule de coursier, et je me suis dit : c'est quand même un super coureur car aujourd'hui il a fait un gros gros truc."
Les journaux du lendemain ne se trompent pas : "Son succès (...) l'autorise à envisager la suite de sa carrière avec optimisme. Il fallait en effet une certaine classe et une belle confiance en soi pour s'échapper seul comme il le fit à mi-course." (L'Equipe) ; "La victoire de Bernard Hinault a produit une impression très favorable sur les suiveurs... Il était habité par une solide confiance que partageait son entourage." (Jacques Augendre - Le Monde) ou encore "Son envol laissa tout le monde sur place. (...) Hinault était parti. Et cela avait de l'allure !" (La France Cycliste). Derrière le futur champion du Monde, on retrouve également quelques futurs bons pros comme Hubert Mathis (49e), Bernard Vallet (52e), Alain Vigneron (64e) ou René Bittinger (83e). Jean-François Guiborel quant à lui fut pris dans une chute dans le final et termina 56e. Là encore, ce fut une belle année !

L'année suivante le Premier Pas devient le championnat de France des juniors. A part Pascal Simon, lauréat en 1974, et Vincent Barteau, lauréat en 1980 devant Charly Mottet (3e), ses vainqueurs ne feront pas vraiment carrière. En 1982, Dunlop se retire et la formule change. C'est la fin d'une histoire pour les jeunes cyclistes français.

(1) dans Jacques Augendre, la mémoire du Tour de France, Christophe PENOT, Editions Cristel, 2001
(2) dans Louison Bobet, une vélobiographie, Jean BOBET, Editions de la Table Ronde, 2003

Sources : Pierre WEECXSTEEN - Le Cycle avril 1981 et Documents personnels de Jean-François Guiborel

Photo : Des cheveux longs et des chaussettes de tennis, mais déjà sur la plus haute marche
Crédit : Cyclisme International


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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