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Palmarès d'Henri Garnier (Bel)14 decembre 2018  

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Henri GARNIER
né le 19 octobre 1908 à Feschaux
décédé le 4 janvier 2003 à Hermeton-sur-Meuse

D'un caractère bien trempé, Henri savait ce que signifiait le mot "se battre". A l'âge de 15 ans, pour ramener de l'argent à sa famille, l'homme a dû travailler. C'est au port de Givet qu'il a débuté sa carrière. En 1924, Henri reçoit son premier vélo. Il coûtait 390 francs belges, de marque Nabro La Reine Verviétoise. Henri l'enfourche, chaque jour, pour se rendre au port de Givet pour exercer son métier d'ouvrier débardeur, avec un salaire de 1,215 franc belge de l'heure. C'est à ce moment qu'il prend goût à la Petite Reine avec les encouragements d'hommes expérimentés. Son caractère entier et sa générosité dans l'effort font de lui un homme qui s'impose rapidement dans les pelotons.

C'est à l'âge de 20 ans qu'il se met à collectionner les succès, une trentaine, conquis tantôt chez les juniors, tantôt en "toutes catégories". Cependant, toujours en solitaire. En 1930, Henri épouse Melle Emilie Warin qui lui donnera six filles et un fils. Ce contrat passé avec Emilie durera 72 ans, fait assez rare pour être mentionné. Henri revient travailler dans son pays, avec un salaire de 5,50 franc belge de l'heure. Le dimanche, il participe aux courses dans la région dinantaise. Quinze victoires sur quinze courses. Il se décide à prendre une licence de junior licence avec le cachet international ce qui lui permet de disputer craintes course avec les professionnels et aspirants en France. Lors de sa première course à Charleveille, il s'empare de la 4ème place. La semaine suivante, au Grand Prix de la Métallurgie des Ardennes à Charleville, il aura le déclic après avoir remporté brillamment l'épreuve, avec cinq minutes d'avance sur le fameux Nicolas Frantz, vainqueur de deux Tours de France et 3ème au Championnat du Monde. Prenant de plus en plus confiance en ses moyens, Henri passe en 1931 dans la catégorie des Indépendants. Cette année là, il prend part au Tour de Belgique. Alors qu'il occupe la 15ème place au classement général, il casse une roue et personne pour lui venir en aide. Il est contraint d'abandonner.

1932 sera également une bonne année : il termine 4ème du Tour de Belgique, 3ème de l'épreuve à étape Bruxelles-Luxembourg-Bruxelles. En 1933, Henri est présent sur tous les terrains et lutte jusqu'au bout pour le titre de critérium du Meilleur Indépendant dont le détenteur final, De Caluwé, est aussi le seul à pouvoir le devancer au Tour de Belgique. Il manque de peu la victoire à Paris-Lille (course disputée aux côtés des plus grands). Henri gagne la plupart de ses courses, en puissance. Sa position préférée en course : devant... "je ne calcule pas mes efforts" disait-il mais entre deux compétition, afin d'assurer un salaire régulier, Henri fait partie d'une équipe d'installateurs de poteaux électriques en béton. Son chef d'équipe appréciait à sa manière les mérites d'Henri en l'autorisant à quitter le chantier une ou deux fois par semaine, l'après-midi, pour lui permettre de s'entraîner.

Par ailleurs, lorsqu'il a un problème à régler avec la fédération cycliste, la Ligue Vélocipédique Belge, Henri enfourche son vélo pour un Falmagne-Bruxelles et retour à la vitesse moyenne de 27 km/h. C'est en 1934 qu'Henri fait ses débuts chez les professionnels au Circuit de l'Ouest où il termine à la 5ème place. Il prend part au Tour de Belgique. Il chute et est obligé d'abandonner. Il participe à son premier Tour de Suisse. Il y termine à une brillante 7ème place. L'année suivante, Henri est à nouveau au départ du Tour de Belgique. Il termine à la 2ème place après avoir surmonté des ennuis dus à un bris de son vélo "Francis Pelissier" dans l'étape Namur-Ostende. En 1935, Henri fait connaissance avec la Grande Boucle. Il est sélectionné dans l'équipe belge aux côtés de Romain Maes. Au cours de la 2ème étape qui relie Lille à Charleville, Henri fait preuve d'abnégation et se met au service de son leader. Suite à une crevaison de Sylvère Maes, Henri décide de rester avec lui et de l'aider à réintégrer le peloton. Après être rentré dans le peloton, c'est au tour du leader de l'équipe belge, Romain Maes qui allait porter le maillot jaune de bout en bout, de subir une crevaison. Les Italiens et les Français profitent de cet incident pour prendre de nombreuses minutes aux Belges. Toutefois, c'est sans compter sur le dévouement d'Henri. Il décide de mener un train d'enfer pour rejoindre les fuyards. Le regroupement s'opère à Rocroi. A Charleville, Henri se permet de pénétrer sur le vélodrome avec quelques longueurs d'avance espérant qu'un de ses équipiers, Edgard De Caluwé ou Gustave Danneels, va décrocher la timbale. A l'issue du sprint, la victoire revient toutefois au Français Charles Pélissier, autre grand spécialiste des arrivées sur piste... Ce jour là, le directeur sportif félicite chaleureusement Henri pour le travail fourni pour l'équipe belge. Romain Maes avait pu garder sa tunique jaune de leader au classement général. Henri est donc désigné comme "domestique" pour les étapes suivantes par le directeur sportif. Ce qui ne fait pas son affaire. Henri n'a plus guère le moral et décide de quitter la Grande Boucle au sommet du Col de Vars, au cours de la 9ème étape Gap-Digne (227 km). Il prend encore part au Tour de Suisse où il se classe 3ème au général et au Circuit des Trois Frontières où il finit à la 2ème place.

1936 est une grande année pour Henri. Il se classe 4ème au Tour de Belgique. Il participe au Tour de Suisse après moult péripéties. En effet, il n'était pas retenu dans la sélection opérée par la Ligue Vélocipédique Belge. Henri doit sa participation aux journalistes Albert Van Lathem et Pol Beving du journal "Les Sports", qui contactent les organisateurs suisses. Ceux-ci acceptent qu'Henri prenne part à la 6ème édition de leur Tour. Il remporte la 1ère étape Zurich-Davis (228 km) et s'empare de la tunique jaune qu'il portera jusqu'au terme de l'épreuve. Il remporte la victoire finale devant les plus grands, avec une moyenne horaire de 36,22 km/h améliorée seulement en 1958. Il est le premier belge à remporter ce tour. Il enlève en outre le classement individuel du meilleur grimpeur. L'équipe belge dans laquelle il a été intégré suite à l'abandon de Moerenhout remporte le classement final par équipe. Pour honorer cette extraordinaire victoire et ce grand champion, la ville de Dinant reçoit en grande pompe Henri, qui se voit offrir une chambre à coucher. Il se classe ensuite 6ème de Paris-Belfort. Une quinzaine de jours après sa victoire en suisse, Henri est au départ du circuit du Midi. Lors de la 2ème étape Bayonne-Tarbes, Henri franchit le sommet de l'Aubisque avec 10 minutes d'avance sur les poursuivants. Il est pris d'une insolation. Un suiveur de la caravane de la course croyant bien faire, lui verse une cruche d'eau glacée sur la tête, ce qui lui fut fatal. Il est victime de trois chutes successives dans la descente de l'Aubisque et souffre d'un éclatement de l'oreille droite ainsi que d'une fracture de la clavicule de l'épaule droite. Il est emmené à la clinique de Tarbes. Cet accident aura des conséquences pour la suite de sa carrière de cycliste.

En 1937, Henri se présente pour la 4ème fois au départ du Tour de Suisse. Alors qu'il occupe la 2ème place au classement général, une lourde chute dans le tunnel du Gothard l'oblige à mettre définitivement un terme à sa carrière cycliste. Henri aurait pu allonger son palmarès si la malchance ne s'en était pas mêlée. Celle-ci a brisé un destin plus que prometteur. Henri avait l'étoffe d'un champion : force de caractère et esprit combatif. Impérial en montagne. Henri savait aussi se mettre à la disposition de son équipe. Pour preuve, lors du Tour de France de 1935, grâce au soutien d'Henri, Romain Maes avait pu un certain jour garder sur ses épaules le prestigieux maillot jaune. Incontestablement, Henri fut le dernier coureur d'une grande époque. Sa devise consistait à aller toujours à fond et à donner le meilleur. Il a appliqué cette devise durant toute sa vie.

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, Henri décide de s'installer comme agriculteur. A la sueur de son front et conseillé par ses parents, il fait prospérer son exploitation pour faire vivre sa famille nombreuse. Fin des années 70, début des années 80, Henri reprend le vélo pendant la bonne saison. Ce glorieux septuagénaire effectue encore, deux fois par semaine, des sorties de 50 à 80 km.

Comme aiment le raconter sa fille Anne-Marie et son époux, Henri enfourchait sa machine, musette accrochée au dos. Il gravissait la côte de Falmignoul pour se rendre à Givet, au magasin Chappi, acheter un camembert et une bouteille de rouge. Henri avait gardé aussi sa puissance et sa solidité. On le voyait en d'autres circonstances rentrer régulièrement à Falmagne, après avoir avalé la côte de Falmignoul, tenant son vélo d'une main et de l'autre un sac de denrées de 100 kg sur l'épaule. Parfois, il roulait avec sur l'épaule, un second vélo qu'il venait de faire réparer par son ancien mécanicien à Dinant. Henri n'hésitait pas à s'adonner à son sport favori : il avalait les côtes de Feschaux, de Falmignoul sans problème. Il disait : "Je les monterai jusqu'au moment où je ne pourrai plus". "Il montait sur son vélo comme un jeune sportif" explique son beau-fils. Il avait une puissance, une force, une volonté, une persévérance exceptionnelles. Il ne se laissait pas abattre. Il a pu pratiquer son sport favori jusqu'à l'âge de 82 ans. Il continuait à suivre les courses cyclistes à la télévision.

Il était acharné par le Tour de France. C'est ainsi qu'en été, sa télévision étant tombée en panne, il avait exigé de lui trouver une autre TV pour suivre le déroulement de la course qu'il regardait dans le silence le plus strict, interdiction de bouger une tasse ! Lorsque l'on l'entretenait sur le dopage, Henri, l'œil rieur, prêt à lancer une blague comme lors des soirées d'étapes, affirmait : "Bien sûr que je me dopais. J'avais même ma spécialité. Je me préparais un litre de bière de table avec 25 morceaux de sucre. Un vrai sirop. J'étais une bonne fourchette. Je mangeais de tout et principalement beaucoup de riz".

Par ailleurs, Henri déclarait "qu'il aurait voulu naître 20 ans plus tôt pour courir à l'époque des athlètes du vélo. Tous avaient à peu de choses près, les mêmes mécaniques. Pour gagner alors, il suffisait d'être le plus fort à pousser sur les pédales !".

C'est au début de 2003, le 4 janvier, que s'est éteint Henri Garnier à Hermeton-sur-Meuse.

Michel Noël avec l'aide des Archives de la fille d'Henri Garnier, Madame Anne-Marie Bray-Garnier et le travail réalisé par l'arrière petit-fils d'Henri Garnier, Franck Minet.

Débuts en 1924
1928 et 1929
- junior et "Toutes catégories"
30 victoires
1930 - junior "international"
En France avec les professionnels et aspirants :
1er du G.P de la Métallurgie des Ardennes à Charleville
4ème du G.P Devred à Charleville
5ème de Paris-Melun (G.P Pélissier)
1931 - indépendant
4ème du Horion-Hozémont
Abandon au Tour de Belgique (2ème étape)
1932 - indépendant
1er à Givet
1er à Châtelet
1er à Jodoigne
1er à Bastogne
3ème de Bruxelles-Luxembourg-Bruxelles
4ème du Tour de Belgique
1933 - indépendant
2ème du Tour de Belgique
- 3ème de la 1ère étape
4ème du Critérium du meilleur indépendant
5ème du Circuit Disonais
5ème du Tour des Flandres
6ème du Circuit Dinantais
Avec les professionnels :
8ème de Paris-Lille
Passe professionnel en septembre
6ème du Circuit de l'Ouest
1934 - Thomann-Barnou
2ème du Circuit des 3 Frontières à Longwy
3ème à Charleroi
4ème à Micheroux
7ème du Tour de Suisse
10ème de Paris-Rennes
15ème de Paris-Lille
23ème de Pris-Bruxelles
25ème de Paris-Nice
30ème du Championnat de Belgique
36ème de Paris-Roubaix
Abandon au Tour de Belgique (3ème étape)
1935 - Francis Pélissier
2ème du Tour de Belgique
- 4ème de la 1ère étape
- 4ème de la 2ème étape
3ème du Tour de Suisse
- 4ème de la 1ère étape
- 5ème de la 3ème étape
3ème du G.P de Famenne à Beauraing
4ème du Circuit des 3 Frontières à Longwy
6ème de Paris-Verdun
7ème de Paris-Boulogne
15ème de Paris-Vichy
18ème du Championnat de Belgique
Abandon à Paris-Nice (non-partant 3ème étape)
Abandon au Tour de France (9ème étape)
1936 - France Sport et Allegro
1er du Tour de Suisse
- 1er du classement du meilleur grimpeur
- 1er de la 1ère étape
- 2ème de la 2ème étape
- 4ème de la 3ème étape
4ème du G.P de Spa
4ème du Tour de Belgique
- 4ème de la 3ème étape
6ème de Paris-Belfort
15ème de Paris-Bruxelles
Abandon au Circuit du Midi
- 7ème de la 1ère étape
1937 - France Sport et Allegro
4ème de Bruxelles-Hozémont
4ème de Bruxelles-Verviers
5ème de Paris-Sedan
7ème de Liège-Bastogne-Liège
8ème de la Flèche Wallonne
9ème du G.P du Condroz
11ème du G.P de Wallonie
13ème du Tour du Luxembourg
Abandon à Paris-Nice
Abandon au Tour de Suisse (3ème étape)
- 2ème de la 2ème étape
Abandon au Tour de Belgique (3ème étape)


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Fichier mis à jour le : 2/02/2013 à 8:47

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